Démission pour surcharge de travail : peut-elle être contestée ?

1. Une démission n’est pas toujours définitive

Vous avez démissionné à cause d’une surcharge de travail insupportable ? Sachez que votre démission peut parfois être requalifiée en « prise d’acte » (une rupture du contrat imputable à l’employeur). Cela signifie que la responsabilité de la rupture pourrait être attribuée à votre employeur, et non à vous.

Un arrêt de la Cour de cassation du 13 novembre 2025 illustre cette situation : un salarié, après avoir alerté son employeur sur sa surcharge de travail, a démissionné. Les juges ont estimé que sa démission était équivoque (c’est-à-dire ambiguë) et ont ordonné sa requalification en prise d’acte.


2. Quand une démission est-elle considérée comme équivoque ?

Pour qu’une démission soit requalifiée, deux conditions principales doivent être remplies :

  • Un différend avec l’employeur : Il faut prouver qu’un conflit (ici, la surcharge de travail) existait avant ou au moment de la démission.
  • Un délai raisonnable : Vous devez contester votre démission dans un délai raisonnable après l’avoir notifiée (par exemple, quelques mois).

Exemple concret : Un salarié, administrateur réseau depuis plus de 20 ans, a démissionné après avoir signalé à plusieurs reprises à sa hiérarchie une charge de travail trop lourde (emails, demande de visite médicale, entretien d’évaluation). Malgré ses alertes, rien n’a changé. Il a donc démissionné, puis saisi les prud’hommes 6 mois plus tard.

La Cour de cassation a estimé que sa démission était équivoque car elle était liée à un différend non résolu avec son employeur.


3. Quelles conséquences ?

Si votre démission est requalifiée en prise d’acte, deux scénarios sont possibles :

  • La rupture est considérée comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse : Vous pouvez obtenir des indemnités (comme pour un licenciement abusif).
  • La rupture est considérée comme une démission : Si les manquements de l’employeur ne sont pas jugés suffisamment graves.

À retenir :

  • Agissez vite : Contestez votre démission dans un délai raisonnable.
  • Documentez tout : Conservez les preuves de vos alertes (emails, comptes-rendus, etc.).
  • Consultez un avocat : Un professionnel du droit du travail peut vous aider à évaluer vos chances de succès.